Dans ce contexte, la discussion autour de la souveraineté prend une tournure résolument pratique. Il s’agit moins de rhétorique que de capacité de livraison.
Appartenant au réseau VINCI Energies, présent dans 36 pays avec plus de 570 entreprises, Omexom qui intervient à l’interface entre les ambitions politiques et les infrastructures physiques, conçoit, construit, modernise et assure la maintenance des postes électriques et des réseaux de transport. Ceux-ci sont essentiels pour que l’énergie puisse effectivement arriver jusque dans les foyers, les entreprises et les usines.
Trois points sont particulièrement pertinents dans le cadre du débat sur la souveraineté.
1. Réduire la dépendance vis-à-vis d’une source unique grâce à la capacité de livraison à l’échelle régionale :
Un réseau résilient dépend de l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement. Avec des modèles de livraison à l’échelle régionale et des écosystèmes fournisseurs diversifiés, Omexom collabore avec plusieurs fabricants d’équipements et fournisseurs de solutions technologiques au lieu de dépendre d’un seul et unique prestataire. Cette stratégie améliore la flexibilité opérationnelle et limite l’exposition aux risques géopolitiques et en matière d’approvisionnement.
Entre autres exemples significatifs, les projets de transport transfrontalier, les postes électriques livrés au Brésil, en Arabie saoudite et en Afrique dans le cadre de contrats EPC, ainsi que des programmes de lignes aériennes reposant sur un sourcing local, l’intégration multi-fournisseurs et l’expertise régionale.
2. Exploiter le potentiel des infrastructures existantes :
« Il demeure essentiel de construire de nouvelles infrastructures mais maximiser la valeur des infrastructures existantes permet souvent des gains plus rapides tout en minimisant l’impact environnemental. Partant de là, un pays ne peut accélérer sa transition énergétique si l’infrastructure de réseau en devient le facteur limitant. Moderniser et mettre à niveau les réseaux existants est désormais une priorité stratégique », ajoute André Lamounier.
En particulier, alors que l’Europe s’attaque à la file de plus en plus longue des projets d’interconnexion qui conditionnent les 1,7 TW de projets de production renouvelable en attente, cette stratégie constitue une option viable pour réduire la saturation des réseaux et accélérer l’intégration des énergies renouvelables.
3. Augmenter la main-d’œuvre qui veille à la résilience du réseau :
En définitive, la résilience des infrastructures dépend de l’humain.
Partout en Europe, les gestionnaires de réseau font état de pénuries croissantes de main-d’œuvre qualifiée dans des domaines tels que les postes électriques numériques, les systèmes SCADA et d’analyse avancée du réseau. Ces pénuries constituent un défi d’envergure dans la mesure où, sans l’expertise nécessaire pour l’ingénierie, la mise en service et l’exploitation, il est impossible d’obtenir un système électrique résilient en investissant seulement dans le matériel.
André Lamounier précise : « Obtenir un réseau résilient ne dépendra pas seulement de la technologie mais aussi de la capacité de notre secteur à surmonter des goulets d’étranglement de plus en plus nombreux et à développer une expertise dans toutes les disciplines essentielles. »
Reflétant cette réalité, le centre de formation sur les postes électriques numériques d’Omexom participe au développement des compétences de la main-d’œuvre spécialisée nécessaire à un réseau de plus en plus numérique et interconnecté.